Union Locale CGT Saint Medard en Jalles

Déclaration de l'UD CGT 33 au débat du 5 septembre à Blanquefort PDF Imprimer Envoyer
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manif_amianteVoilà maintenant plus de 6 mois que se formalisait la reprise du site de Blanquefort par la holding HZ, avec le maintien de tous les emplois. Bien évidemment, nous mesurons combien la situation reste fragile, au regard de la réalité d'avancement des projets industriels et du peu de moyens donnés aux salariés pour s'informer et intervenir. (La mise en place d'un comité de suivi nous parait incontournable.)

Nous mesurons également l'ampleur de la tâche et de nos propres responsabilités syndicales pour, dans cette nouvelle phase, pérenniser et développer l'avenir industriel du site.

Toutefois, il n'est pas inutile de valoriser l'acquis incontestable que représente le maintien à ce jour de tous les emplois, alors même que la crise s'installait dans le pays et, plus particulièrement, dans la filière automobile. Cet acquis incontestable est le fruit de la mobilisation des salariés eux-mêmes bien sûr, mais plus largement, de tous ceux qui considèrent que l'industrie, l'emploi industriel est un enjeu structurant du développement de notre territoire et se sont mobilisés en conséquence.

La bataille pour l'emploi à Ford est tout le contraire d'une lutte isolée. L'UD CGT, la FTM, bref toute la CGT travaille depuis des années, en lien avec les camarades du site, pour faire de cette mobilisation un enjeu revendicatif de premier plan au regard de toutes les questions essentielles que cela pose à l'ensemble des salariés et des citoyens du département : emplois, salaires, services publics, développement et aménagement territorial, recherche et université...

C'est pourquoi nous avons placé cette mobilisation non seulement sous l'angle de la solidarité avec les salariés de FORD, mais surtout comme d'un enjeu à mettre au cœur d'un processus de débats, d'initiatives, de mobilisations convergentes de tous les salariés, à partir de leur réalité, de leur vécu, de leurs propres revendications.

 

Nous avons multiplié les initiatives dans ce sens, en lien avec le syndicat Ford : création d'un groupe de travail départemental, forum public, journaux 4 pages, déclarations publiques, initiatives dans les territoires, pétition... Permettez-moi, une fois n'est pas coutume, de féliciter l'ensemble de nos syndicats qui constituent l'UD CGT 33 pour leur formidable contribution.

Plus que jamais, le développement industriel est pour la CGT, un enjeu majeur, identitaire même. Partout, dans tous les bassins d'emplois nous sommes à l'initiative : Sogerma, Couach, à l'AIA, chez SAFRAN, Dassault...

Et nous voulons aller beaucoup plus loin, pour développer et faire converger ces luttes. Ainsi après avoir tenu des assises nationales le 11 juin dernier, nous organisons le 22 octobre à Paris une grande manifestation nationale sur l'emploi industriel. Toute la période, d'ici là, sera jalonnée d'initiatives, dans les entreprises, les territoires. De même le 7 octobre sera un rendez vous interprofessionnel de lutte pour l'emploi, salaires et les retraites, un rendez vous de convergence national et international (actions 260 pays, une vraie initiative coordonnées)

Nombreux sont ceux qui ont longtemps théorisé sur le déclin inexorable de l'industrie, sur l'avènement de la société post-industrielle. On mesure mieux aujourd'hui combien ces discours ont servi d'écran aux stratégies patronales et libérales de casse et restructuration en profondeur notre potentiel industriel pour dégager ainsi des niveaux de rentabilité records pour les actionnaires.

Cette réalité est aujourd'hui encore plus visible et scandaleuse, comme en témoigne l'attitude de grands groupes, bien portants et sans scrupules, qui utilisent la crise comme un effet d'aubaine pour licencier, restructurer... tout en quémandant des aides aux pouvoirs publics. (400 000 suppressions d'emploi dans industrie depuis le 1er janvier)

De ce point de vue, l'exemple de la filière aéro est édifiant. Le limogeage d'intérimaires, de salariés sous-traitants, le chômage partiel dans une entreprise comme Dassault qui a plus de 5 ans de plan de charge devant elle, et qui a dégagé 420M€ de bénéfices en 2008 est tout simplement inadmissible.

Cette situation nous impose d'élargir, d'élever la mobilisation pour l'emploi industriel. Nous pouvons y parvenir en nous appuyant sur les acquis des mobilisations du 1er semestre.

Car nous ne banalisons pas le fait qu'en France, (pays qui a connu les plus fortes mobilisations en Europe) les luttes ont permis dans un premier temps, de contrecarrer tout ce qui est habituel en période de crise : au lieu du repli sur soi, elles ont cultivé les solidarités ; au lieu du recul de la syndicalisation, elles ont suscité un fort courant d'adhésions, notamment a la CGT ; elles ont aidé au soutien de l'opinion publique a toutes les luttes sociales notamment dans l'industrie ; et encore aujourd'hui elles pèsent sur les comportements du patronat et du gouvernement, qui sont loin d'être tranquilles sur ces questions.

C'est ainsi que nous interprétons la décision du Grenelle de la mer de prendre en compte la proposition CGT de création d'une filière industrielle française de déconstruction des navires en fin de vie. Je précise qu'il s'agit d'un dossier sur lequel régionalement nous travaillons. C'est ainsi aussi que nous interprétons l'annonce faite avant-hier par N. Sarkozy de la tenue d'états généraux de l'industrie.

Dans cet affrontement, patronat et libéraux s'appliquent à cultiver la désespérance. Dans de nombreux sites en lutte, mais c'est vrai aussi a d'autres niveaux, tout est fait pour réduire les négociations aux seules mesures d'accompagnement, au montant du cheque, en excluant du débat la question centrale des choix de gestions des entreprises, de la nature des politiques publiques, des propositions et alternatives industrielles.

Bien sur la CGT est avec les salariés qui se mobilisent pour améliorer leurs conditions de départ quand ils ne voient plus d'issue pour leurs emplois. Mais il est de notre devoir, à la CGT, de tout faire pour nous extraire de ce dictat patronal paralysant et porter le fer sur la question centrale du contenu de la gestion des entreprises, en agissant pour des propositions alternatives industrielles et sociales offensives qui peuvent nourrir la confiance, la combativité, le rassemblement des salariés. Nous avons des propositions qui peuvent donner corps à une nouvelle politique industrielle, Je veux en évoquer trois en particulier.

  • D'abord celle de la revalorisation du travail et de sa place structurante dans la société, par une revalorisation des salaires. Mais aussi par la création d'une véritable sécurité sociale professionnelle que nous proposons d'expérimenter dans l'industrie.
  • En second lieu repenser les fondements des stratégies des entreprises et des politiques de développement économique et de l'emploi qui doivent privilégier l'emploi, la réponse aux besoins, le développement durable. En particulier la politique fiscale, les exonérations de charges et aides aux entreprises doivent être conditionnées, à partir de critères objectifs, à l'efficacité en matière d'emplois, de politique salariale, de choix d'investissement. De ce point de vue, je m'adresse aux élus locaux, les collectivités locales pour ce qui les concernent seraient bien inspiré de procéder a une évaluation de l'efficacité de leurs politiques en la matière. Sur le dossier FORD, la CGT sera attentive et exigeante. (+ de 30 M€ fonds publics)
  • La dernière proposition est d'ordre démocratique. C'est peu de dire que nous avons assisté avec ce capitalisme financier à une accentuation des pouvoirs en faveurs des financiers et des actionnaires. Il faut aujourd'hui des droits nouveaux d'interventions pour les salariés dans les entreprises (droit suspensif des plans de suppressions d'emplois) si on veut placer l'économie au service de l'emploi, du social et du développement durable.

Enfin pour dynamiser les mobilisations pour l'emploi industriel et structurer un rapport de force durable, il nous faut déployer une stratégie conquérante en évitant toutes les impasses.

Des mobilisations fortes et convergentes ne peuvent découler que d'une démarche démocratique associant pleinement les syndiqués, les salariés au contenu et au modalité des luttes, d'une volonté partagée de construire du commun en partant de la diversité du salariat, des situations et des réalités souvent différentes des entreprises. Elles impliquent surtout une multiplication du nombre de syndiqués car c'est cela qui structure, en grande partie, des rapports de forces durables. Quand dans une boite la CGT a de nombreux syndiqués, habitués à se réunir, débattre des choix de gestion, elle est en situation de mobiliser largement pour des propositions alternatives, d'emporter des succès, comme celle obtenue par les SBFM (entreprises plus de 400 syndiqués CGT). C'est cela que nous vérifions aujourd'hui malgré l'intensité et la dureté des combats.

Le temps n'est donc pas à la résignation, mais a la conquête !
Merci de votre attention.

 


 

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